Au théâtre, il y a ce qui est appelé "le quatrième mur", qui est en fait un code qui établit que, pour les personnages, il y a un "mur" à la place du public. (On dit bien que les murs ont des oreilles !) Si le public se manifeste, arrive en retard, quitte la salle, la pièce poursuit son cours, comme si de rien n'était. Le regard des acteurs face à ce quatrième mur, ne croise, (sauf exceptions dans le théâtre moderne) jamais celui du spectateur. Il est plutôt dirigé vers la "ligne bleue des Vosges". Parfois, tel ou tel personnage, s'adresse au public pour une aparté ou un monologue. Mais c'est au public en tant qu'entité qu'il s'adresse,

A l'opéra, tout est encore plus codifié... et c'est la musique qui fait loi. La relation avec le public est davantage distanciée par la fosse d'orchestre. La relation entre la scène et le public est absorbée par la musique.

Le café théâtre semble se rapprocher davantage du clown. Il est apparu au milieu des années 60, époque où l'on essaie de faire tomber les barrières sociales. Le "quatrième mur" du théâtre devient davantage perméable. Les acteurs s'adressent souvent au public, la plupart du temps pour le prendre à témoin, avec une parole qui lui est directement adressée. A l'opposé du théâtre, où l'on feint d'ignorer le public, il s'agit ici d'établir un rapport de complicité, avec la volonté de mettre tout le monde sur le même pied. Je ne pense pas qu'il soit dû au hasard que le clown et le café théâtre aient en commun l'adresse directe au public et la recherche du rire. Mais la relation entre le personnage de café théâtre et son public est conviviale, pas forcément banale mais volontairement banalisée de façon générale. C'est là, la différence fondamentale avec le clown.
 
     

Mettre un nez rouge pour faire rire