Au cirque, dans les galas et dans les concerts - les lieux où l'on produit des numéros où des morceaux, on s'adresse généralement de façon directe et formelle au public ("Bonsoir mesdames..."). Magicien, dompteur, chanteur... dans leur forme classique, ne sont pas là pour faire vivre une fiction. En tant que personnages, ils n'ont pas d'épaisseur relationnelle à proprement parler, pas d'histoire (ils ne s'inscrivent pas dans un récit), pas d'état d'âme. Ce sont en fait plutôt des figures que des personnages. Pour le public, il également davantage question de se faire "embarquer" par la performances plutôt que par une fiction incarnée par des personnages. En fait, les artistes ne s'incarnent pas dans un personnage mais dans leur oeuvre. Le fildefériste fait corps avec son fil, la chanteuse avec sa musique ou son texte, le musicien avec son instrument. A la différence du théâtre, du café-théâtre et du clown, où le corps du personnage et celui de l'acteur se confondent et oeuvrent à la représentation de l'humain, les artistes de music hall utilisent une médiation qui détermine leur relation au public.

Mais revenons au clown. Il existe des approches différentes en matière de relation au public. Elles peuvent être inspirées du café théâtre, du théâtre, du music hall. Pour certains clowns, le public est un semblable, un être familier. Il peut être touché, embrassé, utilisé. On peut lui parler de façon tout à fait anodine. A l'opposé, d'autres clown considèrent le public avec étrangeté. Ils vont l'observer comme tel, se tenir à une certaine distance, lui parler comme s'ils n'étaient pas sûr d'être compris.
D'autres ne font cas de lui que s'il se manifeste, simplement en le regardant lorsque cela arrive. D'autres encore vont l'agresser en lui reprochant parfois de ne pas réagir correctement.
Derrière chaque clown il y a un acteur, parfois un metteur en scène ! C'est à ce niveau que se choisit - où pas - comment s'écrit la relation du clown au public, comment on souhaite représenter une relation d'humain à humain.
Dans tous les cas de figure, ce qui me semble commun à toutes les approches du clown c'est que le public est considéré comme présent. Que l'on s'adresse directement à lui comme les clowns proches du café théâtre, du cirque où du music hall, ou que l'on soit moins direct, dans,une écoute et une prise en compte de ses réactions plutôt que dans approche frontale.
 
     

Mettre un nez rouge pour faire rire