Une séance de travail vécue par l'animateur : la relation au présent

 

 

Je réunis les participants, et je demande à l'un d'entre eux d'être volontaire pour participer à l'explication de l'exercice qui va suivre. Cet exercice consiste à apprendre à regarder avec tout le visage. Il constitue une entrée en matière pour ce qui va suivre dans cette séance.


Je positionne mon poing à une trentaine de centimètres à hauteur du visage du participant. Il va naturellement regarder ce poing. Puis, je déplace mon poing et il doit le suivre avec tout son visage. S'il ne le fait pas je recommence le mouvement. Je précise verbalement si nécessaire que c'est tout le visage qui doit suivre le poing et pas seulement les yeux qui se déplacent dans leur orbite. J’explique aussi que la distance ne joue pas : si le poing s'éloigne dans le même axe, le visage ne doit pas bouger.


Avant que le groupe ne commence l'exercice, j’ajoute qu’il ne s’agit pas d’un exercice de manipulation à distance du visage de l’autre.


Les participants à se mettent par deux pour faire l'exercice. Je circule dans la salle pour voir chaque groupe et j’interviens pour repréciser.

 

Jean-Michel positionne le visage en avant en tendant le cou, comme pour montrer qu'il fait bien. J’explique à tout le groupe car cette tendance à comprendre la consigne dans ce sens est fréquente. En le faisant moi-même et en grossissant le trait pour la démonstration, je leur montre la différence qu'il y a entre donner une information et montrer qu’on la donne. Je me permets de le leur montrer car il s’agit simplement d’un mouvement technique, il n’est pas question de création ici.

J’interviens auprès de Julien et de Marie Christine : Julien bouge son poing trop vite et en inscrivant un mouvement circulaire ininterrompu. Je lui demande d’aller plus lentement et de regarder Marie Christine pour voir si elle peut le suivre. Je lui demande de bouger son poing d’un point à un autre et de veiller à ce que sa partenaire n'anticipe pas sur ses mouvements.


L'exercice doit se faire avec des corps détendus, s'il y a des poings tendus où des bras croisés, j’invite à défaire ces tensions, simplement par le toucher. Je leur demande de changer de rôle pour qu’ils puissent tous expérimenter les sensations.

 

Finalement j’explique le but de l'exercice :

Il s’agit, par cette direction de regard mobilisant toute la tête, de tenir le public clairement informé de ce que regarde le personnage. Un peu comme si l’acteur avait un masque qui ne permettait pas au public de voir où pointent ses yeux (et je rappelle que le nez rouge est aussi un masque).






 
     

 

 

Mettre un nez rouge pour faire rire